"Mesure hydrodynamique et topométrique in situ et modélisation multi-échelle de la dynamique sédimentaire des fonds sableux.
Exemple des littoraux microtidaux du Languedoc."
Dans cette thèse on s'intéresse au devenir du sable qui compose la plage immergée des côtes de l'Hérault (34) dans le Languedoc Roussillon.
La côte du Languedoc Roussillon est caractérisée par de forts vents de terre (Nord-Ouest) réguliers, de très faibles marées (30cm) et des conditions de houles peu énergétiques (hauteur moyenne 80cm) hormis durant des épisodes tempétueux ponctuels (hauteur moyenne en tempête 3m). Le littoral du département de l'Hérault est composé d'une série de plages de sables fins séparées d'une succession d'étangs par des cordons dunaires de petite taille. De tels systèmes sont appelés lidos.

Exemple de plage à Lido du Languedoc, on distingue l'étang, la dune, la plage et la barre externe imergée.
Crédit Photo: EID Méditerranée.
Ces plages sont régulièrement séparées par des zones fortement artificialisées:
Stations balnéaires, ports de plaisance et ouvrages de protections.
Cette artificialisation du littoral a eu lieu dans les années 70 lors d'un vaste projet d'aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon (mission Racine). Cet aménagement s'est fait à l'époque sans considération de la dynamique du transport sédimentaire autre qu'à une petite échelle géographique et temporelle.

Alors que comme 70% des côtes Françaises la plupart des plages du département étaient déjà en érosion (diminution des apports en sédiments provenant des fleuves, élévation du niveau de la mer), la mission Racine a contribué à l'aggravation de cette tendance par manque de connaissances sur la dynamique globale (à moyen terme et à moyenne échelle géographique) des sédiments sur les plages.
Par exemple des habitations ont directement remplacé le cordon dunaire sur la plage avec pour conséquence une aggravation de l'érosion. Pour limiter la menace sur ces habitations on a construit des épis qui retiennent le sédiment en bloquant la dérive littorale et déplacent alors le problème d'érosion en aval.

Aujourd'hui on compte 200 ouvrages lourds (de type épis ou brise lames) répartis sur 300km de côte, la dynamique des courants sur la plage est donc fortement influencée par ces structures artificielles.
On sait aussi que le sable peut être enlevé à une plage de plusieurs façons:
- Le vent de terre puissant dans la région, ou les courants de retour, peuvent emmener le sable au large, si celui se dépose à un endroit plus profond que la profondeur de fermeture (la profondeur de fermeture correspond à la profondeur jusqu’à laquelle la houle joue un rôle dans le transport sédimentaire, elle dépend de l'échelle temporelle considérée) alors il sera irrémédiablement perdu.

- Enfin lors de tempêtes les vagues peuvent franchir le cordon dunaire et déposer de manière irréversible le sable qu'elles transportaient dans les terres pour former des langues de sable. De telles formations sont appelées cônes de débordement de tempête ou overwash en Anglais.

Un exemple d'overwash sur le lido de Villeneuve-Les-Maguelone
Crédit Photo: EID Méditerranée.
Mon but est donc de comprendre et de pouvoir quantifier ces différents mécanismes de l'érosion, pour cela j'utilise deux approches:
- Une approche par la mesure avec l'exploitation de nombreux profils bathymétriques acquis par l'EID plusieurs fois par an sur plusieurs secteurs du département et l'acquisition de données de houle et de courant sur différents sites du littoral dans le cadre du programme BeachMed-e et de la plate forme régionale Gladys (ADV, ADCP, pressiomètres, liste du matériel utilisé ici).
- Une approche par la modélisation avec la simulation de la dynamique des courants sur ces zones d'études à l'aide des modèles Ref/Dif (houle) et SHORECIRC (courant en quasi 3D).



